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Review : " Triste Jeunesse", M.Nedali

  • 31 juil. 2015
  • 2 min de lecture

Je manque de discipline quand il s'agit d'écrire pourtant il faut que je vous parle de deux livres qui sonnent comme la nécessité d'un réveil, d'un garde-à-vous, d'un combat.


J'ai commencé le roman Triste Jeunesse fin Avril, j'ai un peu tardé à le finir puisque dans le même temps j'ai commencé deux autres romans. J'avais très envie de comprendre, apprendre et approcher le Maroc par une autre voie que celle que l'on m'avait donné.


Découvrir le Maroc en vacances par le biais de ma famille ne me permet pas de m'approprier le pays ni même de véritablement le connaître. Cela me permet seulement de connaître une vision de celui-ci, un angle. Bref, je voulais en savoir plus et pour cela, rien de mieux que la littérature. C'est ainsi que je choisis ce livre.


Aucun apriori, que le désir de la découverte. Et c'est un chamboulement. La version que je lis est une version traduite, il n'en reste que c'est un chamboulement. L'histoire? Une histoire d'amour qui tourne mal.


Que nous raconte-t-on? On nous raconte la corruption de l'administration, des institutions marocaines. On nous raconte la lenteur et la pesanteur. On nous raconte le désespoir mêlé à l'idéalisme d'une jeunesse trop fataliste pour se battre. Le manque de sexualité d'une jeunesse marocaine diplômée mais désœuvrée.


L'auteur a cette singularité dans l'écriture qui nous joue l'histoire. On ne lit pas, on voit. C'est du cinéma écrit. Le découpage, les mots, les tournures et l'évolution du texte tout nous mène à voir l'histoire se dérouler sous nos yeux.


Mais le chamboulement n'est pas là. Il est dans ce désespoir de la jeunesse, qui n'est pas celui de la jeunesse marocaine seulement mais celui d'une jeunesse internationale.


Cette croyance de la vanité du monde. Ce monde entre Religion, Idéal et Réalité. La nécessité d'un absolu qui n'existe pas. On perçoit alors, sur nous, un sombre romantisme qui fait de nous, jeunesse, une bande de fanatiques dépressifs. Nous sommes notre propre dictature. Persuadé que le monde s'est fait sans nous, que nous n'y avons pas de place et que nous n'y construirons rien, incapables parfois de concession dans l'espoir de l'Absolu, baissant les bras, nous fermons nos existences au bonheur.


Un chamboulement donc mais surtout une claque, comme une ode à l'espoir, un encouragement à se battre. Il n'y a pas rien à faire, il y a toujours tout à faire, le monde est une révolution.

 
 
 

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